Nicolas Mandard*, Denise Sy*#, Régine Maget-Dana *, Françoise
Vovelle*#.
*Centre de Biophysique Moléculaire - CNRS, rue C.Sadron, Orléans.
#Faculté des sciences, Université d’Orléans, rue
de Chartres, Orléans.
L’androctonine est un peptide fortement cationique de 25 acides aminés récemment extrait de l’hémolymphe du scorpion Androctonus australis et possédant de fortes activités antimicrobiennes [1]. Sa structure en solution a été déterminée par modélisation moléculaire à partir des données de la RMN-2D. Celle-ci se compose principalement d’une structure secondaire centrale en feuillet ? stabilisée par deux ponts disulfure. C.Hétru et al. ont montré que la cible biologique de l’androctonine était la membrane cytoplasmique des bactéries [2].
Pour comprendre à l’échelle moléculaire les mécanismes d’interaction, probablement d’origine électrostatique, de l’androctonine avec cette membrane, un modèle de complexe hydraté et constitué de molécules de dimyristoyl-phosphatidylglycérol (DMPG) organisées en monocouche a été construit. La face chargée du peptide a été positionnée initialement en regard de la surface de cette monocouche. Nous avons alors effectué sur cet ensemble une simulation de dynamique moléculaire de 130 ps à 300 K au cours de laquelle des modifications conformationnelles du peptide (squelette, positions particulières de certaines chaînes latérales) ainsi que l’apparition de défauts dans l’organisation des lipides au sein de la membrane modèle, ont pu être mises en évidence.
[1] Ehret-Sabatier et al., J.Biol. Chem., 271, 29537-29544, (1996).
[2] Hétru et al, soumis pour publication.